Les livres ne sont pas seulement une histoire. Ils sont une humeur, une échappatoire, un souvenir et une nostalgie. C’est le cas, par exemple, du « Vent dans les saules » de Kenneth Grahame. Même ceux qui ne l’ont pas ouvert depuis des années se souviennent encore de la rivière paisible, du souffle du vent entre les roseaux et des amis partant pour un petit voyage, qui se révèle être un grand voyage de la vie elle-même. Il semble qu’en ces jours où la réalité est bruyante, épuisante et complexe, beaucoup recherchent de nouveau ce vent doux qui souffle entre les pages des livres.
Pourquoi la Semaine du livre attire-t-elle encore du public à Jérusalem ?
C’est dans ce contexte que s’ouvrira, le 9 juin 2026 dans tout le pays, et aussi à Jérusalem, la Semaine du livre hébraïque, fondée à l’initiative de l’éditrice Bracha Peli. Ce qui avait commencé en 1926 comme un modeste stand de livres à Tel-Aviv est devenu l’un des événements culturels les plus anciens et les plus appréciés dans plusieurs villes d’Israël, Jérusalem en tête.
Près de cent ans plus tard, à l’ère de TikTok et de l’intelligence artificielle, le livre tient toujours bon. Il propose quelque chose que le monde numérique peine à offrir : le silence !
La place Safra à Jérusalem accueille, comme chaque année, la « Semaine du livre hébraïque ». Une foire du livre aux nombreux genres, avec des rencontres d’écrivains et des activités de lecture pour toute la famille. Les grandes chaînes de librairies proposeront des promotions sur une immense variété de livres, dans l’espoir que le « peuple du Livre » réponde présent.
Que donne la lecture aux enfants et aux adultes ?
C’est un moment qui invite à réfléchir à la lecture chez les adultes et les enfants. Lire est bien plus qu’un loisir. Cela apaise, emmène le lecteur vers d’autres mondes, l’enrichit et l’éloigne de la réalité agitée vers d’autres espaces de temps et de lieu.
Les livres pour enfants avec lesquels beaucoup ont grandi continuent de soulever des questions, des années après l’âge adulte. « Un appartement à louer » est-il seulement une histoire de voisins et de crise du logement, ou une leçon d’acceptation de l’autre ? « Le lion qui aimait les fraises » parle-t-il uniquement de goût personnel, ou de la peur d’être différent ? Et que révèle aujourd’hui « Mitz Petel » sur la curiosité, l’identité et la peur de l’inconnu ? Les enfants profitent de l’intrigue, tandis que les adultes découvrent une couche supplémentaire de sens.
Une importance particulière est également accordée aux illustrations qui racontent une histoire. La couleur, l’expression et les petits détails en arrière-plan créent un monde qui révèle d’autres éclairages dans les contenus.
Et lorsque l’on se trouve face à l’abondance de livres, avec un choix devenu difficile, une question se pose : faut-il laisser les enfants lire tout ce qu’ils veulent ? Est-il juste de limiter certains contenus ? Ce dilemme accompagne parents et éducateurs depuis des années.
La Semaine du livre hébraïque émeut les amoureux de la lecture et éveille la curiosité : que les écrivains, les personnes de savoir et de culture aiment-ils lire eux-mêmes ? Quel livre pour enfants ont-ils aimé ? Prêtent-ils leurs livres aux autres ? Comment leur bibliothèque personnelle est-elle organisée à la maison ? À quelles heures de la journée écrivent-ils, et quand lisent-ils ? Et comment sont-ils devenus créateurs et écrivains ?
En réalité, tous les types d’écrans qui envahissent aujourd’hui la vie humaine n’abîment pas la magie particulière qui existe entre les pages, ni leur odeur qui réveille la mémoire et l’imagination. « Le Vent dans les saules » continue de souffler aujourd’hui encore, avec Taupe, Rat d’eau, Belette et Crapaud. Un vent qui attire vers les histoires, les aventures et les lecteurs qui rejoignent le voyage.


