Dans le cadre de la révolution « des déchets à l’or » menée ces dernières années par le ministère de la Protection de l’environnement, un projet avancé et accéléré est aujourd’hui en cours pour la construction d’une « installation de valorisation énergétique des déchets dans la métropole de Jérusalem ». L’installation devrait être construite au nord de Jérusalem, dans la zone d’Atarot et sur des terres de la localité de Qalandiya. Le projet est promu dans le cadre de la stratégie nationale de l’État d’Israël visant à passer d’une économie polluante fondée sur l’enfouissement des déchets à une économie circulaire, conformément aux normes européennes.
Ce plan est l’un des projets d’infrastructure et d’environnement les plus complexes et les plus sensibles à Jérusalem ces dernières années. Son objectif est de réduire drastiquement l’enfouissement des déchets en Israël et d’en produire de l’électricité, mais il suscite aussi une forte opposition pour des raisons environnementales, urbanistiques et politiques.
Pourquoi l’installation de déchets au nord de Jérusalem suscite-t-elle une opposition ?
Le plan a été lancé en juin 2024, lorsque la société municipale Eden a été chargée de trouver un terrain approprié dans la région de Jérusalem. En avril 2025, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a signé l’activation d’anciens ordres d’expropriation destinés à préparer 130 dounams de terrain, parallèlement à une approbation gouvernementale visant à examiner le déplacement du tracé de la barrière de séparation afin de placer l’installation sous gestion et sécurité israéliennes complètes.
Cependant, ces derniers mois, il est apparu que la surface initiale ne suffisait pas. Le besoin de larges routes d’accès pour des centaines de camions chaque jour, la construction d’un poste électrique de la Compagnie d’électricité d’Israël et les exigences de Tsahal concernant des bandes de sécurité dégagées ont porté la zone affectée par le projet à environ 180 à 200 dounams, avec l’expropriation de vergers d’oliviers privés appartenant à des habitants de Qalandiya et d’A-Ram.
Alors que le ministère de la Protection de l’environnement et la municipalité de Jérusalem présentent le projet comme un « projet vert essentiel » qui permettra d’éviter la pollution et de réduire le transport par camions, l’opposition sur le terrain s’intensifie. Des organisations environnementales indépendantes soutiennent la technologie, mais s’opposent à l’emplacement ; selon elles, le nord de Jérusalem souffre déjà d’un « fardeau environnemental excessif » lié à des industries polluantes, et il n’est pas juste d’imposer une immense usine d’incinération à une population affaiblie.
Du côté palestinien, il s’agit d’un dossier politique et foncier particulièrement sensible. Selon les revendications palestiniennes, le projet empiète sur des terres privées enregistrées au tabu, menace d’évacuer sept immeubles résidentiels où vivent environ 40 familles, soit entre 80 et 120 personnes, et vise à couper la continuité urbaine palestinienne tout en reliant Atarot au camp de réfugiés de Qalandiya, dans le cadre d’une annexion rampante.
La bataille juridique et publique devrait accompagner les étapes de construction du projet dans les prochaines années.


