La commission régionale de planification et de construction de Jérusalem a approuvé, au début du mois de juillet, le dépôt pour objections du projet « Complexe résidentiel à Umm Lison ». Umm Lison constitue une extension de la localité de Sur Baher et se trouve à proximité de Jabal Mukaber, dans le sud-est de Jérusalem.
Le projet, lancé par la société « Topodia », prévoit la construction de 450 nouvelles unités de logement pour des Juifs au cœur du quartier situé dans la partie orientale de la ville. Il s’agit d’une avancée importante, après que la commission a retardé le projet pendant plus de deux ans en raison d’obstacles liés à la planification, notamment la nécessité d’élargir les routes locales. Le projet a finalement pu progresser grâce à l’adhésion des autorités israéliennes de planification, en premier lieu la municipalité de Jérusalem, comme partenaires dans le dépôt du dossier afin de sortir de l’impasse.
Le projet s’étend sur une superficie d’environ 12 dounams. Il prévoit une transformation architecturale majeure de la zone, avec la construction d’immeubles résidentiels pouvant atteindre 10 étages, en contraste total avec les bâtiments de faible hauteur qui caractérisent actuellement le quartier. L’objectif principal des promoteurs est d’établir un quartier protégé et sécurisé pour la population juive au cœur de Jérusalem-Est.
Comment les terrains du projet d’Umm Lison à Jérusalem ont-ils été acquis ?
Sur le plan juridique, le projet repose sur des droits de propriété historiques. Le terrain avait été acheté à l’origine par une famille juive dans les années 1930. La société « Topodia » a retrouvé les héritiers légaux, leur a racheté les droits et a fait avancer le projet en étroite coordination avec l’Administrateur général du ministère de la Justice, chargé de gérer les biens liés à des propriétés juives datant d’avant 1948.
La société « Topodia » est contrôlée par une entreprise australienne et soutenue par un réseau de philanthropes et d’hommes d’affaires juifs établis à l’étranger. Parmi les principales figures de l’entreprise figurent le millionnaire australien Kevin Bermeister et le militant de droite Yehuda Regones, ancien porte-parole de l’organisation « Elad ».
Le groupe mène d’autres projets similaires et sensibles à Jérusalem, notamment l’extension du quartier de « Nof Zion » – un quartier en grande partie habité situé dans le sud-est de Jérusalem, à Jabal Mukaber, dont la deuxième phase de construction est à un stade avancé. « Topodia » promeut également des projets à « Givat HaShaked » – un quartier situé dans le sud-ouest de la ville, près de Beit Safafa, actuellement aux étapes de planification et d’autorisation avant le début des travaux.
La municipalité de Jérusalem et la commission locale soutiennent en principe la mise en œuvre de droits de propriété foncière dûment établis ainsi que l’augmentation de l’offre de logements. Elles ont également contribué, comme indiqué, à lever les obstacles liés aux infrastructures routières du projet. En revanche, le projet suscite une vive opposition de la part des habitants locaux et d’organisations de gauche telles que « Ir Amim ». Les opposants affirment que les procédures de régularisation foncière sont utilisées de manière unilatérale et que la construction de tours résidentielles réservées exclusivement aux Juifs au cœur d’un quartier arabe densément peuplé porterait atteinte au tissu urbain et créerait des tensions politiques et sécuritaires durables dans la région.


