Ces derniers jours, le commandant du district de Jérusalem de la police, le général Avshalom Peled, a signé un nouvel ordre administratif interdisant à Ereen al-Zaanin, également connu sous le nom de Zaanini, d’accéder au mont du Temple pendant quatre mois. Il s’agit d’un nouvel épisode dans une série apparemment sans fin d’éloignements, d’arrestations et de restrictions imposés à l’activiste palestinien de Jérusalem-Est.
De nombreux habitants de la capitale, et plus encore les membres des forces de sécurité, connaissent bien le nom d’Ereen al-Zaanin. À leurs yeux, cet homme de 31 ans, originaire du quartier de Wadi Joz, est l’un des principaux instigateurs de tensions dans les milieux du Fatah au sein de la Vieille Ville. Le nouvel ordre d’éloignement marque un chapitre supplémentaire dans le long bras de fer entre l’appareil sécuritaire et celui qui est considéré comme l’un des principaux foyers d’agitation de la « Shabiba », le mouvement de jeunesse du Fatah à Jérusalem.
Comment Ereen al-Zaanin est-il devenu une figure connue des affrontements à Jérusalem ?
Al-Zaanin s’est fait connaître du grand public israélien en juin 2020. Quelques jours après la mort tragique d’Iyad al-Hallaq, un jeune Palestinien autiste soupçonné à tort d’être un assaillant, l’ancien député Yehuda Glick s’était rendu à Wadi Joz pour présenter ses condoléances à la famille endeuillée. Al-Zaanin, avec plusieurs de ses compagnons, a mené une agression violente et brutale contre Glick. Ils ont projeté l’ancien député en bas de dizaines de marches, lui ont porté des coups de pied à la tête et au corps, puis l’ont poursuivi en proférant des insultes. L’arrestation d’al-Zaanin, effectuée par des policiers vêtus de combinaisons de protection spéciales parce qu’il se trouvait alors à l’isolement en raison du coronavirus, est devenue virale. Il a été condamné à cinq mois de prison ferme, puis contraint de verser à Glick des dizaines de milliers de shekels dans le cadre d’une procédure civile menée contre lui par l’organisation Honenu.
Sa sortie de prison n’a toutefois pas mis fin à ses activités, bien au contraire. Les services de sécurité considèrent al-Zaanin comme un activiste de terrain charismatique qui utilise des initiatives civiles et humanitaires comme couverture pour des activités politiques et hostiles. Il intervient notamment sur le mont du Temple en tant que « secouriste bénévole » du Croissant-Rouge et dispense des « premiers secours » au sein des équipes d’urgence locales. Aux yeux des Palestiniens, il apparaît comme un homme portant assistance aux blessés lors des affrontements. Mais les services de sécurité estiment que cette fonction lui permet de rester au cœur des points de friction les plus sensibles, de porter un uniforme, de disposer d’une radio et de se déplacer librement en profitant de son statut médical. Parallèlement, il a insisté pour agir comme « musaharati », chargé de réveiller les habitants de Wadi Joz pendant le ramadan, une autre activité dont il a été écarté pour atteinte à l’ordre public.
Ces dernières années, al-Zaanin est devenu une cible récurrente des ordres administratifs. Il a été arrêté à de nombreuses reprises et a même mené la protestation des détenus administratifs, devenant le premier à boycotter les audiences devant les tribunaux israéliens. Le ministre de la Défense, tout comme le commandant du district de Jérusalem, ont signé à son encontre une série de longues détentions administratives, d’ordres d’éloignement et de restrictions, estimant que sa présence sur le terrain constitue une véritable poudrière, en particulier autour du mont du Temple.


