De nouveau interdit d’accès à l’esplanade du Temple à Jérusalem : journaliste ou incitateur ?

Ahmad al-Safadi a reçu une nouvelle interdiction de six mois visant le complexe d’Al-Aqsa à Jérusalem, sur fond d’activités continues et de publications hostiles à la politique israélienne
Ahmad al-Safadi après son arrestation à Jérusalem, tenant un document lié à son interdiction d’accès à l’esplanade du Temple
Ahmad al-Safadi après son arrestation, tenant un document lié à son interdiction d’accès à l’esplanade du Temple à Jérusalem

Ahmad al-Safadi, qui se présente comme « journaliste et chercheur spécialisé dans les affaires de Jérusalem », a été arrêté dimanche matin à son domicile de Jérusalem-Est par des policiers du district de Jérusalem. Il a été conduit au commissariat de la Kishlé, dans la Vieille Ville, où un nouvel ordre lui interdisant l’accès à l’esplanade du Temple, le complexe d’Al-Aqsa, pour une durée de six mois lui a été remis. Cette décision intervient sur fond d’activités continues suscitant des inquiétudes liées à l’incitation et aux troubles à l’ordre public.

Qui est Ahmad al-Safadi et que publie-t-il sur Jérusalem ?

Al-Safadi, un habitant de Jérusalem-Est âgé d’une quarantaine d’années, est connu comme une figure importante parmi les militants palestiniens de la partie orientale de la ville. Il documente régulièrement les événements sur l’esplanade du Temple et publie des contenus présentant de manière unilatérale les actions des forces de sécurité visant à faire respecter la loi et l’ordre, ainsi que les visites de Juifs sur le site, comme des « attaques », des « incursions » et des « tentatives de judaïsation » de la mosquée Al-Aqsa. Son travail comprend également de vives critiques contre la politique israélienne à Jérusalem, notamment les démolitions de maisons, les modifications des programmes scolaires et les restrictions d’accès au complexe.

Al-Safadi travaille comme journaliste et documentariste indépendant et collabore avec des médias palestiniens radicaux tels que Palestine Today, l’agence WAFA et des centres d’information locaux, dont le Centre d’information de Wadi Hilweh. Il intervient fréquemment comme commentateur et décrit les opérations de la police comme faisant partie d’une politique systématique visant les habitants palestiniens de Jérusalem-Est.

Pourquoi Ahmad al-Safadi est-il de nouveau interdit d’accès à l’esplanade du Temple ?

Cette interdiction n’est pas la première. En janvier 2026, Al-Safadi avait déjà reçu un ordre lui interdisant l’accès à l’esplanade du Temple pendant six mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à restreindre les activités de personnes impliquées dans l’incitation et les troubles au sein du complexe. Il a également été arrêté et éloigné à plusieurs reprises par le passé, notamment en 2023, dans le contexte de sa couverture d’affrontements sur l’esplanade du Temple à Jérusalem.

Du point de vue israélien, Al-Safadi représente une voix radicale qui contribue aux tensions autour de l’esplanade du Temple. Ses reportages partiels et orientés, qui ignorent parfois les troubles provoqués par des fidèles musulmans ou l’incitation diffusée sur les réseaux sociaux, servent d’outil de propagande palestinienne.

La police israélienne agit pour faire respecter la loi et maintenir l’ordre public dans ce lieu sensible, tout en permettant un accès religieux aussi équilibré que possible. L’arrestation de dimanche matin et le nouvel ordre reflètent la tentative d’Israël de faire face à un schéma récurrent d’incitation et de provocations. Des responsables sécuritaires soulignent que de telles interdictions visent à empêcher une escalade, notamment durant les périodes sensibles.

Al-Safadi, tout comme des militants similaires, des médias palestiniens et les réseaux sociaux, considère ces mesures comme une forme de répression et une tentative flagrante de réduire leurs voix au silence afin d’empêcher la présentation de la « vérité » selon leur point de vue. Du point de vue israélien, il s’agit toutefois d’un outil nécessaire pour préserver la sécurité et le statu quo sur l’esplanade du Temple.