À Jérusalem, où les sociétés ultra-orthodoxe et arabe représentent une part importante de la population et où nombre de leurs membres ne servent pas dans l’armée israélienne, un nouveau centre vient d’ouvrir spécialement pour de jeunes immigrants effectuant leur service de réserve. L’ironie est difficile à manquer : tandis que des ultra-orthodoxes manifestent presque chaque semaine contre l’enrôlement, bloquent des routes et perturbent la circulation, 120 millions de shekels ont été investis dans un bâtiment destiné à ceux qui ont immigré en Israël, se sont engagés et continuent de répondre aux convocations de l’armée.
Le centre a été inauguré le mardi 14 juillet, au 1 rue Raoul-Wallenberg à Jérusalem, en présence du ministre de l’Alya et de l’Intégration Ofir Sofer, du maire de Jérusalem Moshe Lion, de nouveaux immigrants et de représentants des organisations partenaires. Il devrait accueillir environ 250 jeunes immigrants chaque année, parmi lesquels des diplômés de l’enseignement supérieur et des réservistes.
Que proposera le nouveau centre pour réservistes à Jérusalem ?
Environ 130 nouveaux immigrants âgés d’une vingtaine d’années pourront vivre simultanément dans le bâtiment. Répartis en deux cycles annuels, près de 250 jeunes bénéficieront d’un logement, de salles de cours, d’un oulpan pour apprendre l’hébreu, d’espaces de rencontre, de programmes d’insertion professionnelle et d’un accompagnement communautaire.
L’objectif est d’aider ces immigrants à s’intégrer à Jérusalem, à trouver un emploi et à y construire leur avenir. Le projet ne constitue donc pas seulement une solution de logement, mais aussi une tentative de créer une communauté jeune et stable au cœur d’une ville confrontée depuis des années au départ de nombreux jeunes et à de profondes différences entre ses groupes de population.
Pourquoi un centre pour réservistes se distingue-t-il particulièrement à Jérusalem ?
Le choix de Jérusalem met encore davantage en lumière la question du partage de la charge nationale. D’un côté, la ville cherche à attirer de jeunes immigrants instruits, actifs professionnellement et engagés dans l’armée et la réserve. De l’autre, une part importante de sa population ne participe pas au service militaire, tandis que des manifestations bruyantes sont organisées dans certaines rues contre l’obligation même de s’enrôler.
Le centre a été créé dans le cadre du programme gouvernemental « Jeunes immigrants à Jérusalem », qui vise à renforcer le centre-ville et à aider les nouveaux immigrants à s’installer dans la capitale. Le projet est dirigé par la municipalité de Jérusalem et le ministère de l’Alya et de l’Intégration, en partenariat avec l’Agence juive, l’organisation Qualita et Nefesh B’Nefesh.
Le ministre de l’Alya et de l’Intégration, Ofir Sofer, a souligné : « Les jeunes qui ont immigré en Israël, servent dans la réserve et contribuent à la société israélienne méritent un accompagnement qui leur permettra de s’intégrer, d’étudier, de travailler et de construire leur foyer ici. »
Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a ajouté : « Au cœur de Jérusalem, nous avons créé pour eux un foyer ainsi qu’un solide accompagnement communautaire et professionnel. C’est un jour de fête pour Jérusalem et pour le sionisme. »


