Muntaha Amara, Arabe israélienne et l’une des figures musulmanes les plus connues et influentes autour de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, a de nouveau été expulsée cette semaine du mont du Temple pour une période de six mois.
Le 9 avril 2026, lors de la réouverture de la mosquée Al-Aqsa après une longue fermeture imposée pendant la guerre avec l’Iran, Amara s’est rendue sur l’esplanade du mont du Temple. Elle a été arrêtée par les forces de police près de Bab al-Hutta, dans la vieille ville de Jérusalem. Après son arrestation, elle a été conduite au poste de police d’Al-Kishle pour une audition. À l’issue de plusieurs heures d’interrogatoire, Amara a été libérée avec une interdiction temporaire d’accès au mont du Temple pour une semaine. Ces derniers jours, le commandant de la police du district de Jérusalem, Avshalom Peled, a décidé de transformer cette mesure temporaire en interdiction de six mois.
En réaction à cette décision, Amara a déclaré aux médias qu’il s’agissait d’« une tentative de vider la mosquée de ses fidèles » et a assuré que cette interdiction ne l’empêcherait pas de poursuivre ses activités. Elle a également souligné son profond lien religieux avec le lieu et qualifié la décision de « persécution politique ».
Qui est Muntaha Amara et pourquoi est-elle une figure influente à Al-Aqsa ?
Muntaha Amara est considérée comme une figure centrale dans la lutte religieuse et politique autour du mont du Temple. Pour ses partisans musulmans et palestiniens, elle est perçue comme une « gardienne » défendant l’identité islamique du lieu saint. Pour les autorités sécuritaires israéliennes, elle représente au contraire une figure provocatrice associée à une idéologie extrémiste susceptible de déstabiliser Jérusalem.
Amara vit dans le village de Zalafa, près d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël. Issue du Mouvement islamique en Israël, elle a consacré une grande partie de sa vie à promouvoir l’idée du « ribat », c’est-à-dire une présence musulmane permanente à Al-Aqsa afin de protéger le site et d’empêcher tout partage du lieu saint entre musulmans et juifs. Elle est étroitement liée au mouvement des « Mourabitat », un groupe de femmes musulmanes actives sur le site, et bénéficie d’une forte popularité auprès des Palestiniens et du monde musulman grâce à son activité sur les réseaux sociaux, où elle documente régulièrement sa présence, ses arrestations et ses expulsions.
Muntaha Amara est également la nièce du cheikh Raed Salah, ancien dirigeant de la branche nord du Mouvement islamique en Israël, interdite en 2015. Elle est considérée comme l’une des principales figures poursuivant son combat pour la défense d’Al-Aqsa. Amara a adopté son célèbre slogan « Al-Aqsa est en danger » et cherche à le mettre en pratique à travers une présence physique constante et des manifestations militantes.
En raison de ses activités, Amara a été expulsée à de nombreuses reprises du mont du Temple et de certaines zones de la vieille ville de Jérusalem, pour des périodes allant de quelques semaines à plusieurs mois. Elle est connue pour se tenir le long des itinéraires empruntés par les groupes juifs visitant le site et pour crier « Allahu Akbar » ainsi que des slogans religieux de protestation. La police israélienne considère ces actions comme des tentatives d’attiser les tensions et de provoquer des violences. Dans le cadre des activités des « Mourabitat », Amara a déjà été accusée d’avoir reçu un soutien ou des directives de groupes liés à la branche nord du Mouvement islamique ou au Hamas, organisations considérées par Israël comme illégales ou terroristes. Les autorités sécuritaires israéliennes estiment également que ses publications sur les réseaux sociaux, appelant les musulmans à se rendre massivement à Al-Aqsa pour la « défendre » contre les « incursions des colons », constituent une incitation directe à la violence et au terrorisme.
Qui soutient Muntaha Amara ?
Muntaha Amara est mariée au Dr Wajih Amara, religieux et universitaire reconnu parmi les musulmans d’Israël comme spécialiste du droit islamique et des études islamiques. Titulaire d’un doctorat dans ce domaine, il donne régulièrement des conférences et des cours religieux. Comme son épouse, il est également associé à l’idéologie de la branche nord du Mouvement islamique avant son interdiction.
Alors que Muntaha est considérée comme la figure militante présente sur le terrain au cœur des protestations autour d’Al-Aqsa, Wajih agit davantage dans les domaines éducatif et idéologique. Il soutient publiquement les activités de son épouse et les considère comme un devoir religieux et national.
Parmi les partisans de la branche nord du Mouvement islamique, le couple Amara est souvent perçu comme le « couple emblématique » du mouvement, combinant leadership religieux et activisme politique avec une présence constante dans les lieux saints.


