Sans ablation de la vessie : le traitement de Jérusalem a fait disparaître la tumeur chez 95 % des patients

Une étude internationale menée au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem présente des taux élevés de réussite dans la prévention de la progression du cancer de la vessie
Le professeur Boris Chertin aux côtés d’une illustration du cancer de la vessie
Le professeur Boris Chertin, directeur du service d’urologie et d’urologie pédiatrique du centre médical Shaare Zedek à Jérusalem, dirige l’étude internationale consacrée au nouveau traitement du cancer de la vessie (Photo: Shaare Zedek Medical Center)

Une étude internationale dirigée par le service d’urologie du centre médical Shaare Zedek a présenté des résultats particulièrement encourageants chez des patients atteints d’un cancer de la vessie à haut risque n’ayant pas encore envahi la couche musculaire.

Le nouveau traitement vise à stopper la progression de la maladie et à éviter aux patients une intervention complexe d’ablation de la vessie.

Selon les résultats obtenus après un an de suivi, environ 95 % des patients ont présenté une réponse complète, avec disparition de la tumeur en trois mois. Au bout d’un an, 76 % des patients ne présentaient toujours aucun signe de maladie dans la vessie.

Dans le groupe le plus difficile à traiter, composé de patients dont le cancer ne répondait plus au traitement habituel et qui risquaient une ablation de la vessie, une réponse complète a été constatée chez 80 % d’entre eux après un an. Pendant toute la durée de l’étude, aucun participant n’a connu de progression vers un cancer invasif et aucun patient n’a dû subir une ablation de la vessie.

Comment fonctionne le nouveau traitement du cancer de la vessie ?

L’étude a évalué un traitement reposant sur un gel polymère biodégradable, introduit directement dans la vessie. Le gel y forme un réservoir médicamenteux local qui libère progressivement et en continu une combinaison de deux médicaments de chimiothérapie pendant 14 jours.

Cette méthode vise à prolonger l’exposition de la tumeur aux substances actives et à remplacer des traitements plus complexes, nécessitant des préparations pharmaceutiques particulières ainsi que des visites fréquentes et éprouvantes à la clinique.

Qu’a indiqué le chercheur de Jérusalem qui dirige l’étude ?

Le professeur Boris Chertin, directeur du service d’urologie et d’urologie pédiatrique de Shaare Zedek et responsable de l’étude, a indiqué : « Il s’agit d’une véritable avancée et d’un changement fondamental dans l’approche thérapeutique des patients atteints d’un cancer de la vessie dans le monde entier. Jusqu’à présent, les patients à haut risque qui ne répondaient pas aux traitements habituels devaient subir des opérations complexes d’ablation de la vessie, entraînant une grave détérioration de leur qualité de vie. »

Il a ajouté : « La nouvelle technologie nous permet d’administrer la chimiothérapie directement à la tumeur de manière prolongée, sûre et remarquablement efficace, tout en préservant la qualité de vie du patient. Le fait que tous les patients de l’étude aient évité l’ablation de la vessie et que leur maladie n’ait pas progressé constitue une réussite majeure. »

Le nouveau traitement provoque-t-il des effets secondaires graves ?

Selon les données de l’étude, aucun effet secondaire grave n’a été enregistré. Les effets secondaires locaux ont été légers et comprenaient notamment une sensation temporaire de brûlure lors de la miction. Tous les participants ont suivi le traitement jusqu’au bout, sans aucun abandon.

Les résultats ont été présentés lors du congrès annuel de l’Association américaine d’urologie. À la suite du succès de cette étape, la société qui développe le traitement prépare des essais de phase 3 à grande échelle afin d’évaluer son adoption comme nouvelle norme thérapeutique mondiale.