À Jérusalem, la distance entre l’est et l’ouest de la ville ne se mesure pas uniquement en kilomètres, mais aussi en différences sociales, économiques et nationales. Dans ce contexte, l’ouverture d’une piscine publique revêt une signification qui dépasse largement le domaine sportif. Cette semaine, un nouveau centre sportif communautaire a été inauguré dans le quartier de Beit Hanina, à Jérusalem-Est. Il comprend la première piscine publique de la partie orientale de la ville. S’agit-il simplement d’un équipement supplémentaire ou du premier signe d’une nouvelle réalité urbaine, dans laquelle l’égalité des chances pourrait progressivement remplacer la séparation ?
Que propose le nouveau centre sportif de Beit Hanina à Jérusalem ?
Baptisé en hommage à Jack, Joseph et Morton Mandel, le centre s’étend sur environ 5 000 mètres carrés et représente un investissement de près de 20 millions de dollars. Il comprend une piscine couverte, un bassin pour les tout-petits, un bassin d’apprentissage, des salles de fitness, des studios sportifs et des espaces communautaires.
Le projet a été réalisé avec la participation de la municipalité de Jérusalem, du ministère de Jérusalem et de la Tradition d’Israël, de Mifal HaPais, de la Fondation de Jérusalem et de la Fondation Mandel.
Le docteur Wasim Alhaj, directeur du centre communautaire de Beit Hanina, a déclaré : « L’ouverture du centre sportif et aquatique de Beit Hanina répond à un besoin réel des habitants, auquel aucune infrastructure locale ne répondait jusqu’à présent. Pendant cinq ans, nous avons accompagné ce projet afin que les familles, les enfants et les adolescents puissent bénéficier de services sportifs, sanitaires et récréatifs de qualité à proximité de leur domicile. »
Le centre devrait également créer plusieurs dizaines d’emplois dans les domaines de l’encadrement sportif, de la surveillance des bassins, de l’entretien et de la gestion, contribuant ainsi à l’économie locale.
Un centre sportif peut-il favoriser la coexistence à Jérusalem ?
C’est ici que se pose la question fondamentale. Jérusalem constitue une seule ville sur le plan administratif, mais ses habitants vivent, à bien des égards, dans deux réalités urbaines distinctes. Les disparités en matière d’infrastructures, de services publics et de perspectives économiques influencent également leur sentiment d’appartenance.
Investir dans les équipements publics de Jérusalem-Est ne peut effacer les désaccords nationaux ni des décennies de méfiance. Ces investissements peuvent néanmoins contribuer à établir une base civique commune : des enfants qui apprennent à nager, des familles qui accèdent à des services de qualité et des habitants qui constatent que leurs besoins sont pris en considération.
Arik Grebelsky, président de la Fondation de Jérusalem, a rappelé la vision de son ancien président, feu Shai Doron, qui croyait à l’importance de la vie commune et considérait le sport comme un moyen de promouvoir l’égalité, de rapprocher les communautés et de construire une société partagée.
Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a également souligné que les habitants de la partie orientale de la ville pourraient, pour la première fois, profiter d’une piscine publique et d’un centre sportif communautaire moderne près de chez eux.
Il convient toutefois de distinguer la réduction des inégalités de la coexistence véritable. Le nouveau complexe est principalement destiné aux habitants de Beit Hanina et des quartiers environnants. Rien ne permet encore d’affirmer qu’il deviendra un véritable lieu de rencontre entre les populations juive et arabe.
C’est peut-être là que réside le véritable défi de Jérusalem : non pas dans les cérémonies d’inauguration ni dans les discours officiels, mais dans la capacité d’un investissement public équitable à se transformer, avec le temps, en confiance, en sentiment d’appartenance et en vie réellement partagée.


