Arrêtée : qui est cette ancienne étudiante de Jérusalem qui appelle au massacre et affronte aussi le porte-parole de l’armée israélienne ?

Saad Nader Kamel al-Khawaja, qui a étudié aux abords de Jérusalem, a de nouveau été arrêtée pour soupçons d’incitation, moins de deux mois après sa libération d’une détention administrative
Saad Nader Kamel al-Khawaja devant un drapeau palestinien et un symbole vert
Saad Nader Kamel al-Khawaja, militante palestinienne sur les réseaux sociaux arrêtée pour soupçons d’incitation

Saad Nader Kamel al-Khawaja, militante palestinienne sur les réseaux sociaux âgée d’une trentaine d’années et mère de quatre enfants, a été arrêtée par des soldats de l’armée israélienne dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile de Ni’lin, pour incitation présumée. Quelques jours plus tôt, elle avait publié un message antisémite appelant à massacrer des Juifs sur le modèle du 7 octobre et du massacre perpétré contre des Juifs par les partisans de Mahomet au VIIe siècle. Elle avait été libérée d’une détention administrative moins de deux mois auparavant en raison de publications incitatives, mais elle a déjà repris ses activités.

Qui est Saad al-Khawaja et quel est son lien avec Jérusalem ?

Al-Khawaja réside à Ni’lin, un village palestinien situé à environ deux kilomètres au nord de Modi’in. Elle a auparavant étudié la communication et les relations publiques à l’université de Birzeit ainsi qu’à l’université Al-Quds, située à Abou Dis, aux abords orientaux de Jérusalem. Elle se présente comme « journaliste », mais l’essentiel de ses publications consiste en messages diffusés sur les réseaux sociaux, principalement sur son compte Facebook.

Al-Khawaja rédige et publie des tribunes et des messages consacrés à l’analyse de la situation politique et sociale en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza. Son écriture se caractérise par un ton tranché, souvent polémique, qui critique à la fois l’Autorité palestinienne et Israël.

En novembre 2025, elle a été arrêtée par les services de sécurité de l’Autorité palestinienne à la suite de publications critiques envers celle-ci. Elle a été maintenue en détention pendant plusieurs semaines malgré des décisions d’un tribunal palestinien ordonnant sa libération. En mars dernier, elle a été arrêtée par les forces de sécurité israéliennes et placée en détention administrative pendant deux mois. Elle n’a été libérée qu’au début du mois de mai 2026.

Depuis sa dernière libération, al-Khawaja a recommencé à publier des contenus incitatifs presque quotidiennement. Elle appelle régulièrement à tuer des Palestiniens de Gaza soupçonnés de collaborer avec Israël et les qualifie de « porte-voix » du porte-parole arabophone de l’armée israélienne, le colonel Avichay Adraee. Il s’agit d’appels publics et explicites au meurtre et d’une incitation directe à une violence grave. Dans l’un de ses messages, elle écrit : « Les milices de Gaza, les porte-voix d’Avichay, mènent contre moi une campagne d’incitation, tout cela parce que j’ai déclaré que chaque espion devait être tué. »

Dans une autre publication, al-Khawaja présente la lutte non violente ou diplomatique comme sans issue, tout en promettant une « explosion de colère ». Cette formulation encourage, prépare le terrain et légitime le recours à des actes violents ou à des attentats comme seule alternative.

Le point culminant a été atteint il y a quelques jours, lorsqu’elle a publié sur Facebook la phrase : « Khaybar, Khaybar, ô Juifs… le 7 octobre reviendra. » Cet appel renvoie à la bataille de Khaybar au VIIe siècle, au cours de laquelle des forces musulmanes dirigées par Mahomet ont attaqué les communautés juives vivant dans l’oasis de Khaybar, dans la péninsule Arabique. Il fait également clairement allusion au massacre atroce perpétré par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.