Interdit de quitter Israël : l’activiste lié au Hamas qui lutte contre la « judaïsation de Jérusalem »

Benjamin Netanyahou a signé un ordre visant Nasser al-Hadmi, résident de Jérusalem-Est, en raison de craintes de transferts d’argent et de directives au Hamas
Nasser Issa Jalal al-Hadmi, résident de Jérusalem-Est et président du « Comité de lutte contre la judaïsation de Jérusalem »
Nasser Issa Jalal al-Hadmi, interdit de quitter Israël en vertu d’un ordre signé par le Premier ministre Benjamin Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a signé ces derniers jours un ordre interdisant à Nasser Issa Jalal al-Hadmi, haut responsable du Hamas et président du « Comité de lutte contre la judaïsation de Jérusalem », de quitter Israël. L’ordre est valable jusqu’au 24 juillet 2026 et peut être prolongé de six mois supplémentaires. Il vise à l’empêcher de servir d’intermédiaire, de transmettre des rapports et des instructions et, surtout, d’acheminer depuis l’étranger des fonds destinés à renforcer les infrastructures civiles et religieuses du Hamas à Jérusalem-Est.

Qui est Nasser al-Hadmi et quelles actions mène-t-il contre la présence israélienne à Jérusalem ?

Al-Hadmi est considéré comme un agitateur et un instigateur régulier, qui défend une ligne idéologique radicale, notamment autour de la lutte pour le contrôle du mont du Temple et de l’opposition à l’installation de Juifs ou à la vente de terrains à des Juifs à Jérusalem. Il réside dans le quartier d’As-Sawana, près du mont des Oliviers, à Jérusalem-Est. Il bénéficie du statut de résident permanent en Israël, possède une carte d’identité israélienne bleue et dirige le « Comité de lutte contre la judaïsation de Jérusalem », une organisation identifiée au Hamas.

Dans ce cadre, al-Hadmi est considéré comme l’un des principaux instigateurs de campagnes d’incitation préparées à l’avance et largement diffusées. Il utilise son statut public de président du comité pour accorder régulièrement des interviews à des chaînes arabes, notamment Al-Aqsa et Al Jazeera, et pour publier des contenus sur les réseaux sociaux. Il met en garde contre ce qu’il qualifie d’« incursions juives dans la mosquée Al-Aqsa » et encourage des activités de résistance.

Afin d’éviter de longues détentions administratives ou des accusations directes d’appartenance à une organisation terroriste, al-Hadmi veille à se présenter comme un « chercheur spécialisé dans les affaires de Jérusalem » ou comme un militant politique et civique légitime. Il utilise ces tribunes pour s’opposer à toute tentative d’affirmer la souveraineté israélienne dans la ville, depuis son opposition à l’introduction du programme scolaire israélien dans les écoles de Jérusalem-Est jusqu’à l’accusation selon laquelle l’État aurait délibérément propagé le coronavirus dans les quartiers arabes.

En raison de son statut de résident permanent, et non de citoyen, les autorités israéliennes utilisent contre lui des mesures administratives strictes fondées sur les règlements d’urgence. Au fil des années, plusieurs ordres administratifs signés par le commandant du district de Jérusalem de la police lui ont interdit l’accès au secteur du mont du Temple pendant de longs mois, afin de l’empêcher de diriger des troubles. Ces restrictions ont été prolongées à plusieurs reprises et, dès 2016, le ministre de l’Intérieur avait signé un ordre lui interdisant de quitter Israël afin d’empêcher tout contact avec le commandement du Hamas.

En 2014, pendant l’opération « Bordure protectrice », il a été condamné à dix mois de prison ferme pour soutien à une organisation terroriste et appels directs à la violence contre les Juifs. Al-Hadmi a également été arrêté à plusieurs reprises pour interrogatoire avant des fêtes juives et musulmanes, sur la base d’évaluations des services de renseignement selon lesquelles il risquait d’attiser les tensions.