Un restaurant populaire de Jérusalem-Est de nouveau fermé : les sanctions ne sont-elles pas dissuasives ?

Après la découverte d’un nouvel employé palestinien sans permis, le restaurant Al-Shu’ala, situé rue Salah ad-Din à Jérusalem-Est, a été fermé pour une semaine
le restaurant Al-Shu’ala situé rue Salah ad-Din à Jérusalem-Est
le restaurant Al-Shu’ala à Jérusalem-Est, fermé pendant sept jours après la découverte d’un employé palestinien sans permis dans l’établissement

Le populaire restaurant-grill Al-Shu’ala, dont le nom signifie « La Flamme », situé rue Salah ad-Din à Jérusalem-Est, a été fermé mercredi pour une durée de sept jours, sur ordre administratif du commandant adjoint du district de Jérusalem de la police israélienne. Cette mesure fait suite à l’emploi d’un résident palestinien de Cisjordanie dépourvu de permis. Ce n’est pas la première fois qu’un travailleur sans autorisation est découvert dans l’établissement, qui avait déjà été fermé à deux reprises pour des raisons similaires. Il semble que les fermetures de courte durée et les faibles amendes imposées au restaurant ne dissuadent pas ses propriétaires, qui récidivent à plusieurs reprises.

Dans les motifs de l’ordre de fermeture, le général de brigade Ronen Ovadia, commandant adjoint du district de Jérusalem et signataire du document, a indiqué avoir accordé une grande importance à l’état de guerre dans lequel se trouve Israël depuis le 7 octobre 2023. Il a également estimé que la version fournie par le propriétaire lors de son interrogatoire ne concordait pas entièrement avec les éléments de l’enquête et qu’il existait un risque que l’établissement soit de nouveau utilisé pour enfreindre la loi israélienne sur l’entrée dans le pays.

Dans un communiqué, la police du district de Jérusalem a notamment déclaré : « Le district de Jérusalem poursuit ses opérations ciblées contre les infractions liées au séjour illégal et à l’emploi de personnes sans permis, qui peuvent constituer une plateforme pour des activités terroristes et porter atteinte à la sécurité des citoyens ».

La police a également précisé : « Lors d’une opération menée par les policiers du commissariat de Shalem, dans le district de Jérusalem, un résident en situation irrégulière, employé dans un restaurant de Jérusalem-Est depuis plusieurs jours, a été découvert. Le suspect a été renvoyé en Cisjordanie, tandis que l’employeur a été interrogé puis libéré sous conditions restrictives ».

Pourquoi le restaurant Al-Shu’ala à Jérusalem-Est se retrouve-t-il de nouveau au centre d’une opération policière ?

Al-Shu’ala est l’un des restaurants populaires les plus anciens et les plus connus de Jérusalem-Est. Fondé en 1973 au cœur de la rue Salah ad-Din, il fonctionne depuis plus de cinq décennies et est considéré comme l’une des institutions culinaires populaires les plus emblématiques de la partie orientale de la ville. Il s’agit d’une entreprise familiale privée, transmise et gérée de génération en génération au sein de la famille fondatrice. Le restaurant emploie plusieurs dizaines de personnes, dont la majorité réside dans les quartiers de Jérusalem-Est.

En mai 2023, une perquisition menée par des policiers du commissariat de Shalem et des agents de la police des frontières avait permis de découvrir dans la cuisine du restaurant des travailleurs palestiniens originaires de la région de Ramallah et du secteur d’Hébron, entrés en Israël sans permis de séjour ni autorisation de travail. Le propriétaire et le gérant avaient été conduits au commissariat de Shalem pour interrogatoire, et une procédure pénale avait été ouverte à leur encontre pour emploi de personnes en situation irrégulière. Le dossier avait été transféré à l’unité des poursuites du district de Jérusalem, mais comme il s’agissait de la première infraction documentée de ce type depuis une longue période, la procédure s’était achevée par une amende administrative et un avertissement sévère, sans peine de prison ferme.

En mars 2025, dans le cadre d’une vaste opération du secteur de police de Kedem visant les commerces de Jérusalem-Est employant des travailleurs sans permis, le restaurant avait de nouveau fait l’objet d’une perquisition ciblée. Des travailleurs palestiniens sans autorisation, originaires de localités et de villages entourant Jérusalem, avaient été découverts sur place. Comme il s’agissait d’un incident répété, la police avait durci les conditions de libération des propriétaires. Ceux-ci avaient été interrogés sous avertissement, contraints de déposer d’importantes garanties financières devant le tribunal et avaient signé un engagement juridique selon lequel, si un autre travailleur sans permis était découvert dans l’établissement, la police demanderait une fermeture judiciaire de longue durée.

Il semble que les sanctions jugées trop clémentes n’aient pas dissuadé les propriétaires et qu’une mesure plus importante soit désormais nécessaire pour enrayer un phénomène présenté comme un risque sécuritaire pour les habitants de Jérusalem.