Le marché immobilier de Jérusalem se trouve à un tournant. Le nombre d’appartements neufs encore sans acquéreur augmente, tandis que de jeunes couples et des familles repoussent leur décision d’achat dans l’espoir d’une évolution des prix, des taux d’intérêt ou des conditions de financement. Dans le même temps, la commission locale d’urbanisme et de construction recommande de faire avancer sept projets comprenant environ 2 700 nouveaux logements. Cette hausse de l’offre pourrait renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs, mais plusieurs années peuvent s’écouler entre l’approbation d’un projet et la remise des clés.
Des milliers de nouveaux logements feront-ils baisser les prix à Jérusalem ?
Le projet le plus important est prévu dans le quartier de Talpiot en cours de rénovation, entre les rues Poalei Tzedek, Pierre Koenig et Yad Haroutzim. Trois anciens bâtiments industriels doivent être démolis pour laisser place à quatre tours de 50 étages comprenant 1 366 logements, dont une partie destinée à la location de longue durée. Le complexe doit également comprendre une tour de 40 étages consacrée aux bureaux et au commerce, ainsi que des écoles, des jardins d’enfants, des crèches, des synagogues, des centres culturels et sportifs et un espace public ouvert.
Dans le centre de Jérusalem, le projet du complexe Orion est prévu au 17, rue Hillel. Il doit comprendre 342 logements répartis dans trois bâtiments de 35, 25 et 12 étages, ainsi que des espaces commerciaux, des bureaux, des installations hôtelières et des bâtiments publics. Le bâtiment du collège Lifshitz sera entièrement préservé, tandis que l’ancien cinéma Orion sera démonté puis reconstruit sous la supervision du service de conservation.
Où seront construites les nouvelles tours résidentielles de Jérusalem ?
À Kiryat Menahem, quatre bâtiments comprenant 64 logements doivent être démolis et remplacés par 288 appartements dans une tour de 40 étages et un bâtiment de 10 étages. À Gonenim, 60 anciens logements doivent être remplacés par 261 appartements dans deux immeubles de 20 étages.
À Ramat Sharet, 248 logements sont prévus dans la rue Kadish Luz. À Kiryat Moshe, un autre projet prévoit 222 logements dans une tour de 30 étages et deux bâtiments de 10 étages. Un programme supplémentaire dans le quartier prévoit également deux écoles, des jardins d’enfants, des crèches, une salle de sport et la régularisation de synagogues existantes.
Pourquoi l’augmentation de l’offre ne garantit-elle pas une baisse des prix ?
Les projets de location de longue durée ne parviennent pas toujours à constituer une alternative abordable à l’achat. Les coûts élevés de construction et de financement peuvent réduire leur viabilité économique, tandis que les loyers restent parfois trop élevés pour les jeunes familles. Ainsi, même lorsque des centaines de logements sont officiellement réservés à la location, leur influence sur l’ensemble du marché demeure incertaine.
Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a souligné que la rénovation urbaine « transforme le visage des rues, des quartiers et des communautés, tout en apportant aux habitants sécurité et protection vitale ». Pour les acheteurs, la véritable question est toutefois différente : les nouvelles tours créeront-elles une concurrence réelle et feront-elles baisser les prix, ou viendront-elles simplement grossir le stock d’appartements chers encore invendus dans la ville ?


