Jihad Nasser Qawas, activiste palestinien de Jérusalem qui s’oppose aux visites de Juifs sur le mont du Temple à Jérusalem et est connu comme mourabit, a été arrêté vendredi dernier à l’entrée de la porte des Lions, alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans la mosquée Al-Aqsa. Selon une estimation du Waqf islamique, plus de 70 000 fidèles se trouvaient vendredi sur le mont du Temple.
Qawas, membre de la communauté afro-palestinienne de Jérusalem, est considéré par les forces de sécurité israéliennes comme un élément provocateur sur le mont du Temple. Dans la société palestinienne de Jérusalem-Est, il est en revanche connu comme l’un des détenteurs du record d’ordres administratifs d’éloignement du site.
Qui est Jihad Qawas, le recordman des interdictions d’accès à Al-Aqsa ?
Pour la plupart des habitants palestiniens du quartier musulman de la Vieille Ville de Jérusalem, Bab Al-Nazir, également appelée porte de l’Inspecteur, n’est qu’une entrée ordinaire vers l’esplanade du mont du Temple. Pour Jihad Nasser Qawas, âgé de 32 ans, cette porte constitue le point de départ de luttes récurrentes.
Né en 1994 et ayant grandi à quelques mètres seulement des entrées du site, Qawas porte un titre officieux, mais largement connu dans les rues de Jérusalem-Est : « recordman des éloignements et des arrestations préventives liés à la mosquée Al-Aqsa ».
Qawas n’est pas un terroriste armé et n’a pas commis d’attentat, mais ses activités sont considérées comme graves. Il est un activiste politico-religieux de terrain défini comme mourabit, c’est-à-dire défenseur de la religion. Ces dernières années, son activité principale a consisté à organiser et diriger des groupes de mourabitoun – des rassemblements musulmans visant à maintenir une présence continue sur le mont du Temple, à entraver les visites de Juifs et à préserver le lien exclusivement musulman avec le lieu. Cette activité a fait de lui une cible centrale de la police israélienne et du service de sécurité intérieure.
Au fil des années, Qawas a été arrêté et interpellé des dizaines de fois. Les mesures prises contre lui comprennent une série presque ininterrompue d’ordres administratifs d’éloignement, allant de quelques semaines avant les fêtes juives à des interdictions prolongées de quatre à six mois.
Lorsqu’il a été surpris en train de violer ces ordres ou impliqué dans des affrontements physiques, il a été poursuivi devant le tribunal de première instance de Jérusalem pour trouble à l’ordre public, rassemblement illégal et agression de policiers.
Il a purgé d’innombrables courtes périodes de détention, été assigné à résidence en dehors de la Vieille Ville et condamné à des amendes ainsi qu’à des peines de prison avec sursis. Des ordres administratifs lui ont également interdit de quitter le pays, en raison de la crainte qu’il ne dénigre Israël à l’étranger et ne collecte des fonds pour les activités des mourabitoun.
Qawas a grandi dans un foyer marqué par l’opposition à la présence juive à Jérusalem-Est en général et sur le mont du Temple en particulier. Son père, Nasser Qawas, est l’un des hauts responsables du Fatah dans la Vieille Ville. Il a autrefois dirigé le Club des prisonniers palestiniens à Jérusalem et occupé le poste de secrétaire du Fatah dans la ville.
Son père a lui aussi été arrêté et emprisonné à de nombreuses reprises, notamment après avoir dirigé l’ouverture forcée des portes du complexe de Bab Al-Rahma, aussi appelé porte de la Miséricorde, en 2019.
Dans les médias palestiniens et sur les réseaux sociaux, Jihad Qawas bénéficie du statut de héros populaire et de symbole du « sumud », ou résistance. Ses photographies et vidéos le montrant priant devant les portes du site pendant ses périodes d’éloignement, ou souriant aux caméras alors qu’il est conduit menotté, sont régulièrement partagées des milliers de fois et servent d’outil de propagande contre la souveraineté israélienne à Jérusalem-Est et contre la présence juive sur le mont du Temple.


