Jérusalem n’est pas forcément la première ville à laquelle on pense lorsque l’on parle d’énergie solaire. C’est une ville dense, historique, complexe, remplie de bâtiments anciens, d’institutions publiques, d’écoles, de marchés et d’espaces urbains sensibles. Mais au-dessus des rues et des ruelles, une autre couche de la ville se dessine depuis quelques années: celle des toits solaires.
Selon les données du ministère israélien de l’Énergie et des Infrastructures et du Centre de cartographie d’Israël, la puissance solaire installée à Jérusalem atteint aujourd’hui environ 30 mégawatts. Cela représente une hausse d’environ 7 mégawatts par rapport à la publication précédente de 2024, un chiffre qui a fait passer la ville à la cinquième place du classement national des municipalités de plus de 100 000 habitants. L’an dernier, Jérusalem occupait la quinzième place.
Mais le classement n’est qu’une partie de l’histoire. L’élément le plus intéressant se trouve dans le nouvel outil de recherche qui se cache derrière ces données: un tableau de bord avancé, fondé sur l’analyse de photos aériennes à l’aide d’outils d’intelligence artificielle. Contrairement aux anciennes estimations générales, ce système doit permettre d’identifier plus précisément les endroits où des installations solaires peuvent réellement être posées, jusqu’au niveau de chaque bâtiment.
Comment mesure-t-on le potentiel solaire des toits à Jérusalem?
Les nouvelles données reposent sur une cartographie avancée de l’espace bâti. L’amélioration de la résolution des images permet d’identifier non seulement les surfaces de toiture disponibles, mais aussi les obstacles possibles: chauffe-eau solaires, équipements existants et autres éléments qui réduisent la surface réellement exploitable.
À Jérusalem, la hausse de la puissance installée semble venir de deux directions à la fois: l’extension des petites installations domestiques et une meilleure utilisation des grands toits. Durant la période examinée, environ 70 petits systèmes résidentiels ont été ajoutés dans la ville, pour une puissance totale d’environ 1 mégawatt. La progression la plus importante vient toutefois des grandes installations, principalement sur des toits équipés de systèmes de plus de 50 kilowatts.
Pourquoi les toits publics de Jérusalem deviennent-ils un actif énergétique?
L’enjeu n’est pas seulement environnemental. Un toit solaire peut devenir une source de revenus, réduire la dépendance à une énergie polluante et contribuer à maintenir la continuité du fonctionnement urbain en période d’urgence. Dans une ville comme Jérusalem, où les écoles, les bâtiments municipaux, les institutions publiques, les parkings et les grands complexes urbains sont répartis dans de nombreux quartiers, chaque toit adapté peut devenir un espace producteur d’énergie.
À l’échelle nationale, le nouveau tableau de bord indique un potentiel d’environ 17 gigawatts de production solaire sur les toits des bâtiments en Israël, ainsi qu’environ 3,5 gigawatts supplémentaires grâce à des couvertures solaires au-dessus d’espaces publics comme les parkings, les terrains de sport, les terminaux de transports publics et les cimetières.
La question est désormais de savoir quelle part de ce potentiel deviendra réellement de l’électricité propre, et à quel rythme Jérusalem continuera de transformer les toits qui la surplombent en une partie de son avenir énergétique.


